RENE GILLETUn homme, une Marque,
un sacré bonhomme A la fin du XIX ème siècle, la France vit la révolution industrielle.
En 1887, René Gillet naît à Troyes ( Aube ) dans une famille de cheminots. Il suit son père dans les ateliers de la Cie des Chemins de Fer de l’Est.
Il est attiré par ces puissantes machines. Après le Certificat d’Etudes, il étudie le dessin industriel. Il désire devenir ingénieur mais ses parents n’ont pas les moyens de lui offrir de longues études. Il entre alors en apprentissage chez un serrurier. Sa famille déménage à Malakoff en banlieue parisienne. Son destin va basculer.
Il entre chez Caille, une entreprise de matériels électriques. L’intérêt de René Gillet se porte de plus en plus sur le vélocipède et sa motorisation. Il rêve de construire un petit moteur à pétrole, fait les plans, les moulages etc. Il sort son moteur mais celui-ci refuse de fonctionner.
Sa première difficulté n’est pas technique mais financière. Il est découragé. A 18 ans, un homme nommé Laurent accepte de lui couler ses pièces, le moteur est enfin assemblé et monté sur un robuste vélo. Les débuts sont difficiles, il rentre souvent ‘ à la pédale ‘.
En 1898, il fait un voyage entre Malakoff et Epernay sur une semaine et rentre triomphalement avec une bouteille de champagne.
Il décide alors de se consacrer totalement à son invention et quitte les Ets Caille.
Un modèle de 1895

1900 : Naissance d’un nouveau siècle. Il entreprend la construction d’un nouvel engin.
La R-G de 1900

1902 : Il expose au salon de Paris
1904 : Premier moteur en V René Gillet
1905 : Il dépose sa marque, engage un tourneur et un ajusteur, s’installe à Paris au 10 Villa Collet dans le 14ème.
1906 : René Gillet sort de l’anonymat. Il construit des bicylindres et des monos de 250 et 350cm3. Le travail est artisanal, tout est possible, du sur mesure. Tous les clients sont les copains du patron.
Son local devenant exigu, un ami, le Dr Tanon lui propose une association et s’installe à Montrouge au 128 route d’ Orléans, dans le département de la Seine. Evolution de la firme.
Une vingtaine de personnes y travaillent, qui pour la plupart, le suivront jusqu’au bout.( bel exemple de fidélité ) René Gillet devient un adepte du side-car.
1914 : Déclaration de la première guerre mondiale. Toute production est arrêtée. L’usine est réquisitionnée par l’armée pour fabriquer des fusées d’obus et des vannes pour gaz asphyxiants !
APRES la 1ère guerre mondialeRené Gillet reprend la fabrication de ses 500 et 750cm3 d’avant guerre.
1921 : Sortie au salon de la 6 HP, une 750 cm3
1922 : Un appel d’offres est lancé par l’armée pour changer son matériel. René Gillet remporte le gros lot et grâce à ça, de grosses commandes.
Une RG militaire

1923 : René Gillet fervent sidecariste, présente un side de sa conception. La roue du panier est suspendue. Pour la caisse, il se tourne vers le fabriquant Vannod.
Les sides René Gillet en 1925, feront un raid entre Nice et Dakar.( Le célèbre rallye Côte-Côte de Bertrand ou Thierry Sabine s’était perdu, était déjà inventé, celui qui allait devenir plus tard le Paris Dakar ) Les 10 sides au départ seront tous à l’arrivée et cela sans encombres.
Par la suite, le fabriquant Bernardet fournira les caisses à la place de Vannod. Elles sont plus solides car en tôle, moins lourdes et plus faciles à fabriquer que les Vannod en bois..
Devant la réussite de la suspension du side, René Gillet décide de l’adopter sur ses motos.
Un side René Gillet

1929 : Un brevet est déposé pour la 1000 cm3. Fabuleux progrès à l’époque.
1930 : Au salon de la moto, un modèle 750cm3 à suspension est proposé.
Les René Gillet ne sont pas des bolides mais des motos fiables, elles obtiennent de nombreux succès dans les épreuves d endurance, Bol d’Or, Paris-Les Pyrénées-Paris, Paris Nice etc.
1930-1940 : La firme est très propice grâce aux nombreuses commandes de la gendarmerie, police et armée.
René Gillet est un bon père de famille, un homme tranquille. Entre les bâtiments et les ateliers de son usine, il s’est aménagé un potager. Ses ouvriers se moquent gentiment de leur patron. Cependant, dans les années 40, tout le monde crève de faim. Ses ouvriers repartent en fin de semaine avec un panier remplit de victuailles, offert par le patron.
A ses ouvriers envoyés au STO ( travail obligatoire ) en Allemagne, René Gillet envoie des colis. Que ce patron était sympa, les temps changent !René Gillet meurt en 1944. Son frère Julien et son fidèle bras droit Peyrus meurent en 1945. La firme est décapitée.
APRES la 2ème guerre mondialeSes fils René junior et Jean, prennent la suite. Les grosses R-G sont encore livrées à l’ administration, mais des commandes sont annulées car la firme R-G doit faire un emprunt pour les produire.
C’est le début de la Fin.
Les 4cv de Renault, les 2cv de Citroën et la Dyna de Panhard donnent le coup de grâce à la grosse moto avec side-car.
Des fanatiques de la marque existent toujours, mais elle est trop marginale.
Les firmes françaises meurent les unes après les autres, seules celles qui se sont attaquées au cyclomoteur survivront : Motobécane avec sa mobylette est imbattable.
René Gillet fait de belles tentatives avec une 125 et une 250 à moteur 2T.
La 250 gagne le Bol d’Or 1954 dans sa catégorie, Georges Monneret et son fils feront quelques courses avec la 250. Un modèle Spécial Monneret sera même sorti.
La firme fabrique des cyclomoteurs et sous traite pour Paloma.
Un crédit bancaire sera supprimé à la firme. Coup fatal. La firme disparaîtra en 1956, rachetée par Peugeot ( le Lion a de sacrées dents à l’époque ! )
Jean Gillet qui dirige la firme depuis le décès de son frère,
replacera l’intégralité de son personnel,(
ça a bien changé depuis ! ) Aucun ne connaîtra le chômage.
Jean Gillet fera par la suite une belle carrière dans l’électronique et
consacrera son temps et son énergie à venir en aide à l’enfance handicapée ( principes qui ont encore des adeptes aujourd’hui, sûrement le fondateur de ‘ ça roule à Montrouge ‘.
L’histoire de cet homme est terminée. Il a su grâce à son travail, sa passion, sa ténacité et sa gentillesse, placer la marque René Gillet dans le peloton de tête de l’industrie moto de la planète, pendant 50 ans.
Quelque modèles
Une 500 de 1911 à courroie

Une 350 type N de 1930

Une 750 G de 1923

Un 1000 type J de 1933 side de pompiers

Une 750 type K de 1933

Une 1000

Une 250 de 1953

Une 2600 4 cyl en étoile de 1911

Une R-G attelée

Une 125 VB de 1952

Un side de course

Gillet à Monthléry

René Gillet en famille en side
